Mon intervention sera structurée de la façon suivante : dans une première partie, je vais essayer d’expliquer ce que je désigne par la notion de « subjectivité négative », que j’étudie et tente de mettre au point dans le cadre de ma recherche doctorale et qui occupe la première partie du titre que je vous ai proposé. Dans la deuxième partie, je poursuivrai en analysant le texte de Blanchot sur lequel je propose de vérifier la pertinence de ma notion, à savoir la nouvelle version de Thomas l’Obscur, auquel j’ai déjà consacré un article portant sur la désarticulation du sujet et dont je vais reprendre quelques passages.[1] J’essaierai ainsi de garder un bon équilibre entre la partie théorique et la partie analytique.
1.
Pour ce qui en est de la première, la nécessité de gagner en précision s’impose face à une notion si vaste et abstraite telle que celle de « subjectivité négative ». Du point de vue méthodologique, ce genre de « précision » est toujours ce qu’il y a de plus important dans les études thématiques et comparées ; mais il l’est de façon encore plus évidente lorsque l’on étudie un sujet si difficile à saisir tel que le nôtre. Celui-ci, en effet, ne se contente pas de relever du domaine des recherches sur la subjectivité et sur la conscience mais se propose de surcroît d’en interroger le revers, le négatif : c’est-à-dire quelque chose de potentiellement encore plus flou et insaisissable, réunissant autour de lui une constellation d’idées disparates.
S’il fallait situer la « subjectivité négative » en quelques mots, on pourrait d’abord essayer de la caractériser comme une approche de type apophatique de la subjectivité, où cette dernière est considérée non par l’accumulation de formes visibles et de signes identitaires mais comme ce sur quoi rien ne peut être dit – à l’image du Dieu de la théologie négative. Cette définition, je la considère comme valable ; mais aussi précise qu’elle puisse l’être, il me semble qu’elle ne soit pas suffisante, à elle seule, pour éclairer véritablement l’ensemble des enjeux de la notion, ni pour bien la situer par rapport aux notions environnantes.
Du moins, ce que l’on comprend grâce à une telle définition est qu’il s’agit là de prendre l’adjectif « négatif » dans son sens strictement technique, et non dans son acception dysphorique ou dépréciative. On comprend aussi que l’on se trouve face à une notion se définissant nécessairement par contraste, par opposition à un « positif » qui lui préexiste. Un moyen pour développer notre discours est alors de se demander : de quelle subjectivité « positive » la subjectivité « négative » est-elle le revers ?
En effet, nous savons qu’il existe, sans aucun doute, un sens prétendument objectif, bourgeois, du terme « subjectivité », qui la considère comme un noyau figé et immuable caractérisant chaque personne, et que nous sommes tout aussi d’accord à déclarer comme illusoire. Ce sens bourgeois est d’ailleurs assez proche de ce que Paul Ricœur désignait comme subjectivité-idem dans Soi-même comme un autre (1990). On peut le définir par le trait de la « solidité », dans la mesure où il coïncide avec l’idée d’une essence dure du sujet – on peut ajouter en passant que cette idée est rendue aujourd’hui assez caricaturale tandis que les grands textes du XIXe siècle ne la confirment jamais avec une telle netteté. C’est en tout cas une idée fort utile lorsqu’on essaie de travailler par paradigmes, comme nous le faisons. Si la « solidité » est notre « positif », il est donc assez facile de le renverser : Ricœur lui-même le fait de façon assez peu violente, par l’idée d’une subjectivité-ipse qui est régie par l’identité narrative, c’est-à-dire par le récit de soi avec lequel elle s’identifie et qui peut, par conséquent, changer plusieurs fois (hypothétiquement à volonté).
Voilà donc pour le « solide ». Mais il y a aussi un autre type de sentiment, qui n’implique pas du tout la solidité et dont la présence est beaucoup plus répandue et, par conséquent, difficile à détecter. Ce sentiment je propose de l’appeler le sentiment de l’« irremplaçable », en empruntant cet adjectif à la conclusion des Nourritures terrestres (1897) d’André Gide qui, il me semble, l’exemplifie de façon assez efficace. On peut donc essayer de lire brièvement ce bref passage, avant de le commenter :
Jette mon livre, […] cherche la tienne [ta « posture en face de la vie »]. Ce qu’un autre aurait aussi bien dit que toi, ne le dis pas, – aussi bien écrit que toi, ne l’écris pas. Ne t’attache en toi qu’à ce que tu sens qui n’est nulle part ailleurs qu’en toi-même, et crée de toi, […] ah ! le plus irremplaçable des êtres.[2]
Nous voici confronté à une véritable exaltation de l’originalité individuelle, qui en elle-même n’est pas originale du tout mais qui nous intéresse justement pour cela, pour sa haute valeur paradigmatique. C’est l’exaltation d’un quotient « irremplaçable » de la personnalité qui ne dépend pas de la valeur objective qu’elle démontre d’avoir ou de ne pas avoir dans le monde mais est en revanche une fin en soi, où le personnel est une valeur par le simple fait d’être personnel. Ce principe de l’« irremplaçable » est assez proche de celui, beaucoup plus ancien, du principium individuationis, lequel désigne justement le principe visant à délimiter la part véritablement individuelle et personnelle existant chez chaque individu humain – un principe qui encourage donc, lui aussi, l’idée que cette part existe.
Ce qui nous intéresse le plus, en tout cas, est de montrer comment cet « irremplaçable » peut exister sans être lié à la dimension du « solide » : un sujet peut donc être « irremplaçable » sans pour autant être solide. C’est en effet le cas même du personnage de Gide, lequel, tout en exhortant à l’« irremplaçable », n’est pas du tout un sujet égocentrique ou immuable mais s’abandonne en revanche au cours des rêveries et des contemplations poétiques de la nature, sans fournir aucune autoprésentation cohérente de soi. Dans son commentaire du roman, Maurice Blanchot peut ainsi exalter la complexité du narrateur, le présentant comme un « Je fiévreux, consumé par les désirs », lequel « refuse d’être une personne » afin de ne se percevoir que comme « acte pur, perception sans durée, instant […] éphémère »[3]. Cet exemple littéraire montre bien comment un sujet humain peut se révéler en même temps « irremplaçable » et psychologiquement complexe, sans qu’il y ait entre les deux aucune contradiction.
Le sentiment ou paradigme de l’« irremplaçable » se retrouve aussi bien dans maints lieux qui pourraient être spontanément évoqués par la notion de « subjectivité négative », mais qui n’en font pas partie – du moment qu’elle ne se retrouve, selon mon acception, que dans les cas où les deux instances (le solide et l’irremplaçable) sont renversées à la fois. Dans le champ littéraire, cela concerne notamment des périodes de « crise du sujet » tel que le modernisme. Je vous propose par exemple de regarder un texte très célèbre de Dostoïevski – pour ma démonstration, j’aime raisonner en partant de textes très célèbres parce qu’ils ont l’avantage de représenter un air du temps.
Voyons donc l’incipit des Carnets du sous-sol (1864) – le texte sans doute le plus déroutant d’un auteur que la critique a considéré comme le meilleur interprète ante litteram de l’inquiétude identitaire moderne. Le lecteur entre in mediam mentem dans le monologue intérieur du protagoniste, sans la médiation d’un narrateur externe :
Je suis un malade… Je suis méchant. Je ne suis guère attrayant. Je crois bien avoir une maladie de foie. Au surplus, je n’y entends rien et je ne sais pas au juste où j’ai mal. Je ne me soigne pas et ne me suis jamais soigné, quelque estime que je professe à l’endroit de la médecine et des médecins, car je suis extrêmement superstitieux, au moins assez pour croire à la médecine[4].
Sans aucun doute, ces lignes décrivent et mettent en scène la subjectivité individuelle d’une façon qui est très éloignée des constructions pleines voire « monumentales » caractérisant le modèle « solide » dont je discutais tout à l’heure. Une opinion telle que celle selon laquelle « deux fois deux font cinq »[5], par exemple, ouvre le champ à un mode de réflexion fondé sur un relativisme radical où même la fiabilité des chiffres arithmétiques et de leurs lois est mise en péril, et où, par conséquent, il est tout aussi difficile de pouvoir encore soutenir l’unité (même algébrique) du « moi ». Toutefois, il faut aussi souligner qu’une phrase telle que celle que nous venons de commenter, à l’originalité si troublante, est en même temps l’expression de la singularité d’un sujet lequel, par le seul fait de l’avoir prononcée, arrive ainsi à se distinguer des autres – à se rendre, précisément, « irremplaçable ». Cette nature éminemment « singulière » du texte de Dostoïevski est confirmée même au niveau grammatical, où l’emploi répété du pronom « je » est presque aussi obsessionnel que dans les Confessions de Rousseau, à savoir le texte fondateur de l’autobiographie classique. Avec les Carnets du sous-sol, on est donc confronté à une subjectivité bien négative dans le sens qualitatif, émotif de cet adjectif, mais pas dans son sens technique, qui est celui que nous retenons.
Le fait d’écarter ce récit de Dostoïevski, pourtant très complexe, du domaine de la « subjectivité négative », permet alors de comprendre que cette notion ne se limite pas, pour nous, au simple fait de contester l’individualisme bourgeois et de caractériser le « moi » comme un objet en mouvement, complexe, doué de facettes multiples. Ce geste n’est pas si radical : en tout cas, il ne met pas radicalement en question le statut du « moi ». Il souligne juste le fait que le « moi » est doué d’une complexité interne, qu’il est un objet d’étude difficile, sans que cela brise les piliers de sa structure.
2.
C’est en revanche cette dernière action que la « subjectivité négative » souhaite accomplir. En ce sens, la nouvelle version de Thomas l’Obscur (1950) de Blanchot en constitue un cas exemplaire, dans la mesure où elle se concentre, beaucoup plus que la première, sur la représentation de la descente de son protagoniste dans la dimension neutre de la « nuit ». La proximité de Thomas avec le côté « négatif » de la subjectivité est confirmée par l’importance que prend dans le livre ce mouvement typique de l’écriture blanchotienne, lequel amène précisément du « Je » au « Il », selon la formule de L’Espace littéraire. Comme le dit Françoise Collin, « le “je” retient en lui la quête de l’identité par l’écriture, le “il” révèle l’issue négative de cette quête »[6]. Le texte lui-même thématise l’importance de ce passage, lorsqu’il présente les deux pronoms comme prêts à croiser le fer : « juchés sur ses épaules [de Thomas], le mot Il et le mot Je commençaient leur carnage » (TO, 29). Le « il » représente ici le danger, l’arme avec laquelle attaquer la forteresse du « je », à la fois en tant que troisième personne du singulier (c’est-à-dire une altérité, un autre, évoquant le regard sur soi de l’extérieur et le ‘soi-même comme un autre’ de Ricœur, ou le « je est un autre » de Rimbaud) et en tant que construction impersonnelle frôlant l’anonyme (ce qui est plus proprement le niveau du « il y a », du Neutre).
Thomas lui-même favorise le « il » dans ce combat, en déployant une pluralité de procédés qui renversent le paradigme de l’irremplaçable et qui sont énumérés dans mon article que je citais au début, tels que le paradoxe et le don de soi. Parmi eux, je ne retiendrai ici que la contemplation optique prolongée, c’est-à-dire l’effort visant à briser les frontières entre celui qui regarde et ce qui est regardé. C’est un type d’exercice qui est amorcé dès la première ligne du texte, qui en fige la scène : « Thomas s’assit et regarda la mer » – une phrase dont l’importance est réaffirmée par le fait qu’elle est reprise encore dans Le Pas au-delà. Thomas maintient sa position sans hâte : il « resta longtemps à regarder », jusqu’à percevoir « la rupture de tous les liens » (TO, 13), qui sont d’abord les liens qui le rapprochaient de lui-même et de sa situation contingente. À travers une prolongation immersive de sa contemplation par la natation, Thomas arrive à se confondre avec la mer dans laquelle il nage, en expérimentant justement « l’ivresse de sortir de soi […], de se disperser dans la pensée de l’eau » (TO, 11). Dans cet exercice de vision, le paysage environnant, loin de rester une extériorité placée à l’arrière-plan, un décor d’ambiance, incorpore l’observateur parmi les éléments du monde observé. Cette transition reproduit le schéma des activités à haut degré de concentration qui sont conseillées dans la pratique du zen, de l’ikebana au tir à l’arc : leur présupposé étant qu’en tout véritable effort de concentration, l’individu s’identifie totalement avec l’action qu’il est en train d’accomplir, jusqu’à sortir de sa situation particulière pour devenir, momentanément, acte pur. On arrive par là à évoquer le lien de Blanchot avec la mystique, une discipline qui fait de la sortie de soi, de la mort du petit ego, l’un de ses éléments fondamentaux. C’est un lien que Blanchot lui-même a confirmé en tant que critique (que l’on songe aux textes sur Maître Eckhart et sur la pensée hindoue dans Faux Pas) mais qui est encore plus saillant dans la pratique romanesque et fictionnelle de ses récits, comme Kevin Hart l’a bien souligné en considérant Blanchot comme l’un des représentants majeurs du courant de la « mystique athée » au XXe siècle.
À en juger par ce que j’ai dit jusqu’ici, l’analyse semble donc vite faite : dans le texte de Blanchot, le sujet serait totalement effacé, ce qui le rendrait un spécimen parfait du « négatif ». Toutefois, Thomas l’Obscur ne dit pas que cela, si bien qu’il est possible d’y déceler encore des persistances non négligeables de la notion de subjectivité. Il est intéressant de souligner ces persistances, non pour nier la valeur expérientielle et palingénésique de la démarche entamée par Thomas, mais plutôt pour montrer combien les persistances de la subjectivité peuvent être subtiles et difficiles à effacer totalement. Le « je » fait partie, lui aussi, du genre de choses qu’« on acquiert […] plus facilement qu’on ne s’en débarrasse »[7], pour le dire avec Thoreau.
Ceci, on peut le voir dans les deux plans de l’« individu » et du « moi », selon la distinction faite par Jean-Pierre Vernant – où l’« individu » désigne, de l’extérieur, le fait quantitatif et biologique d’être un corps doué d’agentivité et qui évolue dans le monde ; tandis que le « moi » se réfère à l’univers de l’intériorité psychologique et de l’expérience intérieure.[8] Quant au premier, on constate une non-concomitance entre ce qui se passe dans l’expérience de Thomas par rapport à celle des autres, une asynchronie interpersonnelle qui confirme la validité de la séparation en individus. Outre le fait que Thomas se caractérise justement par la méfiance qu’il suscite chez les autres (voir le dîner du troisième chapitre) et que la démarche d’Anne subit, elle aussi, la même mécompréhension de la part de ses proches, on peut voir que cette distance est réaffirmée avec force encore dans la conclusion du livre. Le dernier chapitre relate en effet que des « milliers d’hommes » (TO, 134) sortent de nulle part pour suivre en quelque sorte l’exemple de Thomas, en répétant son « mot vide » (135). Le protagoniste, au lieu d’éprouver un hypothétique sentiment de partage avec eux, les regarde « tristement, désespérément, comme si la honte eût commencé pour lui » (137). L’intérieur et l’extérieur n’avancent pas simultanément, et l’individu Thomas garde son point de vue qui est distinct de celui des autres.
Du côté du « sujet » et de l’expérience intérieure, on peut déceler l’étrange persistance de ce qui semble être une forme de principe d’individuation, lors de certaines déclarations faites dans le texte, notamment au sujet d’Anne :
Anne, seule, résistait. Morte, dissipée […]. Elle changeait sans cesser d’être Anne. Elle était Anne, n’ayant plus aucune similitude avec Anne. […] [T]out à fait pareille à une autre, elle restait la même, Anne, Anne complète qu’on ne pouvait nier. (TO, 46)
Ici, la « dissipation » coexiste avec la répétition du nom propre d’Anne, laissant entrevoir une présence du « personnel » là où, selon l’horizon d’attente du lecteur, ne devrait régner que l’anonyme. Y compris dans le territoire du négatif, il semblerait donc exister une continuité fondamentale du sujet, même si elle n’est évidemment pas du même genre que celle sur laquelle on s’appuie dans la vie ordinaire. On ne peut pas soupçonner Anne d’avoir manquée de radicalité : au cours de sa maladie, en effet, elle arrive bien à se dépouiller des traits ordinaires caractérisant son identité personnelle – preuve en est l’admiration que Thomas lui-même lui voue dans son monologue du chapitre onzième (TO, 100). Toutefois, l’authenticité avérée de sa métamorphose n’implique pas pour autant qu’Anne y devienne totalement méconnaissable, au point qu’aucune relation ne subsisterait avec son état antérieur. Déjà, dans le passage cité plus haut, se référant aux premières tentatives d’Anne pour accéder à la même région de l’être habitée par Thomas, l’insistance textuelle sur le nom propre pourrait donc ne pas suggérer un simple échec momentané de la jeune femme à bien accomplir sa démarche. Une telle interprétation semble d’ailleurs être remise en question par le texte lui-même, lorsqu’on y lit le constat qu’« elle était Anne, n’ayant plus aucune similitude avec Anne » : que, en d’autres termes, tout en étant réellement différente d’Anne, elle gardait également, par rapport à elle-même, une continuité aussi réelle sur le plan de l’être – le même plan par rapport auquel on peut affirmer encore, tout aussi nettement, qu’elle « changeait », mais « sans cesser d’être Anne ». Cette phrase semble se rapprocher de près de ce que je disais tout à l’heure, dans la mesure où elle admet le changement au sein du « moi », mais elle ajoute que ce changement, aussi radical soit-il, n’implique pas une « cessation d’être ».
Dans Thomas l’Obscur, donc, il y a bien un mouvement du « Je » au « Il », typiquement blanchotien, mais ce mouvement n’est pas le seul ; on y retrouve aussi une réémergence inattendue du « Je », un témoignage de la continuité expériencielle de l’être. Ce même phénomène montre d’ailleurs un autre point en commun par rapport à ce qui se passe dans la pratique mystique. Selon l’un des spécialistes de la mystique orientale, Ananda Coomaraswamy, « la mystique nous demande de remplacer notre conscience individuelle […] non avec un simple inconscient mais avec une super-conscience ».[9] Un tel point de vue entre en résonance avec une phrase que Thomas prononce lors de son monologue du chapitre onzième. Le protagoniste, immergé théoriquement dans les profondeurs du négatif, déclare en revanche, même avec un peu de stupéfaction, qu’« au lieu de se dégrader, la preuve que j’existais se renforçait jusqu’à l’évidence » (TO, 111-2).
À partir de ces dernières considérations, on pourrait donc commencer une toute nouvelle intervention, portant sur le problème suivant : est-il possible ou non de « sortir de soi », selon la formule assez nette que Blanchot lui-même employait au début de Thomas l’Obscur au sujet de l’immersion du protagoniste dans l’eau ? si c’est possible, à quelles conditions et en quels sens ? Je vais en revanche m’arrêter ici, en vous remerciant pour l’attention que vous m’avez accordée.
- L’article est le suivant : Giovanni Salvagnini Zanazzo, « Désarticuler l’identité personnelle dans “Thomas l’Obscur” de Blanchot : formes et stratégies », Comparatistica, n° 21, 2024, p. 157-177. ↑
- André Gide, Les Nourritures terrestres (1897), Paris, Le livre de poche, 1968, p. 169. ↑
- Maurice Blanchot, « Au sujet des “Nourritures terrestres” », dans Faux pas (1943), Paris, Gallimard, 1971, p. 337-342 ; p. 338-339. ↑
- Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol (1864), trad. fr. par J.-Wladimir Bienstock, Paris, Charpentier, 1909, p. 4. ↑
- Ibid., p. 52. ↑
- Françoise Collin, Maurice Blanchot et la question de l’écriture (1971), Paris, Gallimard, 1986, p. 85-86. ↑
- Henry D. Thoreau, Walden ou la vie dans les bois (1854), trad. fr. par L. Fabulet, Paris, Gallimard, 1922, p. 16. ↑
- Jean-Pierre Vernant, L’Individu, la mort, l’amour, Paris, Gallimard, 1989, p. 215. ↑
- Ananda Coomaraswamy, Hinduism and Buddhism, New York, Philosophical Library, 1959, p. 61 (c’est moi qui traduis). ↑
—
Giovanni Salvagnini Zanazzo est doctorant à l’Université de Padoue, en Italie, en cotutelle avec l’Université Paris Nanterre. Son projet de thèse porte sur les représentations « négatives » de la subjectivité dans les littératures française et italienne du XXe et du XXIe siècles. Il a participé en tant qu’intervenant ou organisateur à plusieurs colloques nationaux et internationaux. Il a également publié de nombreux essais dans des revues académiques telles que la Revue italienne d’études françaises, Between, Ligeia et Comparatistica. Ses recherches portent aussi sur la réception du Japon dans la littérature française, sur la théorie littéraire contemporaine ainsi que sur des écrivains italiens et français (dont Landolfi, Manganelli, Valéry, Barthes).









