Espace Maurice Blanchot

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Philippe Lynes

A Green Blanchot Revisited

A Green Blanchot Revisited (Un Blanchot vert revisité)

Numéro spécial du Oxford Literary Review 47.2, Décembre 2025

éd. Philippe Lynes

Depuis la publication des articles « A Green Blanchot : Impossible ?» (Paragraph 30.3, 2007) et « Blanchot and the End of Nature » (Parallax 16.2, 2010), une nouvelle vague d’intérêt quant à l’apport de l’œuvre de Blanchot pour l’écocriticisme et à la philosophie environnementale, une sorte d’éco-déconstruction avant la lettre, s’est fait ressentir. Nous le lisons dans Art and Technology in Maurice Blanchot (Presses Universitaires d’Édinbourg, 2023) de Holly Langstaff, qui démontre l’importance continue de Blanchot dans les débats philosophiques contemporains sur la technique, le post-humain et la pensée écologique ; Blanchot, Ecology and Contemporary Fiction : The Thought of the Disaster (Presses Universitaires d’Édinbourg, 2023) de Jonathan Boulter, qui lit l’idée du désastre chez Blanchot par rapport à la fiction écologique contemporaine du Royaume-Uni et de l’Ireland ; la collection allemande Die Apokalypse Enttäuscht: Atomtod, Klimakatastrophe, Kommunismus (éd. Alexander García-Düttmann and Marcus Quent, Diaphanes, 2023), qui fait converser l’essai de 1964 de Blanchot, « L’apocalypse déçoit », avec la catastrophe climatique. Ce numéro spécial de Oxford Literary Review approfondit les réflexions sur l’œuvre philosophique, critique et littéraire de Blanchot par rapport aux grandes crises écologiques de nos temps, y compris l’extinction, le réchauffement et la dégradation environnementale. Comment les réflexions de Blanchot sur le désastre et le nihilisme nous aident-elles à mieux concevoir la sixième extinction en masse ? Comment la pensée de Blanchot sur la littérature et le droit à la mort nous permet-elle de mieux apprécier l’afflux de fiction climatique et apocalyptique ? Comment les romans et récits de Blanchot nous aident-ils à repenser la nature, la terre, les mondes animaux et végétaux, et notre rapport au monde nonhumain en général ?

Outre les contributions de Silvano Facioni, Alexander García Düttmann, Leslie Hill, Arleen Ionescu, Philippe Lynes, Laurent Milesi, Alex Obrigewitsch et de Michael Portal, ce numéro spécial inclut une conversation radio inédite de 1983 entre Jacques Derrida, Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy intitulée « Les Discours de la fin », où la pensée de Blanchot sur le communisme, le désastre, l’écriture, la fin du livre, le nihilisme et la technique y joue le rôle principal.

Webinaire international : la valeur d’usage de Maurice Blanchot

Le webinaire international organisé par Christophe Bident et Jérémie Majorel reprend avec deux séances organisées le lundi 18 novembre et le vendredi 22 novembre, chaque fois de 13 à 15 heures, heure française.

La séance du 18 novembre est consacrée à la valeur d’usage de Maurice Blanchot. Il sera question de dire comment les textes de Blanchot peuvent être lus, relus, repris, utilisés, quitte à être mal compris, transformés, déplacés, dans d’importantes interrogations intellectuelles contemporaines. L’intitulé est doublement emprunté à Marx et à Bataille. Dans une suite de textes des années 1930, qui n’ont été publiés que de façon posthume, Bataille éclairait ce qu’il nommait « la valeur d’usage de Sade » et en quoi elle dispose à une « hétérologie ». Quelle est donc, aujourd’hui, la valeur d’usage de Blanchot ?

Nous pourrons écouter et discuter les trois interventions suivantes :

Attention vulnérable, par Parham Shahrjerdi

De l’actualité de certains débats sur le messianisme – de Blanchot à Levinas, Derrida et Pelbart, par Mayara Dionizio 

Aminadab, la terre et les profondeurs végétales : un Green Blanchot, par Philippe Lynes

Lien Zoom:

https://u-picardie-fr.zoom.us/j/99041349260?pwd=Mh2U5r0NnnX4uYlci2kd8aWHwCZIA9.1

Aminadab : version manuscrite

En septembre 1942, un an environ après la sortie de la première version de Thomas l’Obscur, Maurice Blanchot, ancien journaliste politique et critique littéraire au Journal des débats, fait paraître encore sous l’Occupation son deuxième grand roman, qui s’annonce sous ce titre quelque peu énigmatique, emprunté aux poèmes de Jean de la Croix : Aminadab. On sait que le roman était en chantier depuis le début des années 1930 ; on sait également qu’à la mort de Blanchot en 2003 un certain nombre de documents provenant des archives personnelles de l’écrivain ont été acquis par la Bibliothèque Houghton de Harvard qui les a mis à la disposition des chercheurs et lancé un important programme de numérisation. Parmi les textes conservés ainsi (dont Thomas le Solitaire et Le Mythe d’Ulysse transcrits par nous et édités chez Kimé en 2022 et 2023) se trouve entre autres une version manuscrite d’Aminadab, bien antérieure au roman publié par Gallimard en 1942, et qui daterait, pour ce qui est de cet avant-dernier état du texte, selon toute vraisemblance de l’année 1941. Comportant de multiples corrections, reprises, ratures, ou suppressions, ce manuscrit inédit est plus long d’un tiers de la version du roman que l’on connaît, dont on sait l’importance capitale pour l’œuvre de Blanchot et pour la littérature moderne. Ainsi, permet-il une nouvelle entente du travail de romancier de Blanchot, de ses hésitations et ses repentirs, ses tours et ses détours, ses pas de côté et ses pas en avant, ses audaces et ses scrupules. Aminadab, roman-labyrinthe, c’est donc, et dès le début, ainsi que le confirme cette avant-dernière version du texte, un work in progress, une œuvre à venir, toujours et encore en proie au désœuvrement. C’est ce que pourront constater, qu’ils connaissent bien ou encore mal l’œuvre de Blanchot, lectrices et lecteurs de cet Aminadab, version manuscrite qui paraîtra chez Kimé dès le 18 octobre 2024.

Appel aux communications: A Green Blanchot Revisited

Special Issue of the Oxford Literary Review 47.2, December 2025

Ed. Philippe Lynes

Since the publication of Timothy Clark’s essays, “A Green Blanchot: Impossible?” (Paragraph 30.3, 2007) and “Blanchot and the End of Nature” (Parallax 16.2, 2010), a new wave of interest in the relevance of Blanchot’s work to ecocriticism and environmental philosophy, as a sort of eco-deconstruction avant la lettre, has made itself felt. This can be read in Holly Langstaff’s Art and Technology in Maurice Blanchot (Edinburgh University Press, 2023), which demonstrates Blanchot’s ongoing importance for contemporary philosophical debates about technology, the post-human and ecological thinking, Jonathan Boulter’s Blanchot, Ecology and Contemporary Fiction: The Thought of the Disaster (Edinburgh University Press, 2023), which reads Blanchot’s idea of the disaster in relation to contemporary fiction of the United Kingdom and Ireland, as well as the German-language collection Die Apokalypse Enttäuscht: Atomtod, Klimakatastrophe, Kommunismus (eds. Alexander García-Düttmann and Marcus Quent, Diaphanes, 2023), which brings Blanchot’s 1964 essay “The Apocalypse Is Disappointing” into conversation with the climate catastrophe. Along with the recent influx of posthumous archival publications, including Thomas le Solitaire and Premiers récits (eds. Philippe Lynes and Leslie Hill, Kimé, 2022 and 2023), as well as his Notes sur Heidegger (eds. Étienne Pinat, Kimé, 2023), the work of the man who Jacques Derrida called one the three great minds of the 20th Century appears to once again be emerging from its perpetual obscurity.

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« Le Mythe d’Ulysse » de Maurice Blanchot | Philippe Lynes

Pour accompagner la publication ce mois-ci chez Kimé de Premiers récits : Le Mythe d’Ulysse, inédit suivi de L’Idylle (1936) et du Dernier mot (1935), édition établie par Leslie Hill et Philippe Lynes, nous publions ici un texte de ce dernier, chercheur à l’université de Durham en Angleterre. Il y retrace la généalogie du motif odysséen, au croisement entre littérature et philosophie, dans l’œuvre de Blanchot, et il présente des aperçus neufs sur ses rapports avec certains textes de Giraudoux, de Claudel et de Giono.

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Thomas le Solitaire

Maurice Blanchot, Thomas le Solitaire, éditions Kimé, mai 2022

À sa mort survenue le 20 février 2003, Maurice Blanchot, on le sait, a laissé derrière lui dans divers endroits un ensemble important d’objets, dont livres et photos, et de documents personnels, parmi lesquels des manuscrits, des épreuves, des notes de lecture, des traductions partielles, et des correspondances. Ceux-ci ont été largement dispersés par la suite, on le sait aussi, selon des voies hasardeuses et aléatoires. N’auraient échappé à ce sort que les papiers personnels de l’écrivain entreposés dans le pavillon de banlieue au Mesnil-Saint-Denis dans les Yvelines où il a passé les dernières années de sa vie. Après bien des détours, ces archives ont été acquises en 2015 par la Houghton Library de l’Université de Harvard qui les a mises à la disposition des chercheurs et lancé un important programme de numérisation.

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