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L’inextricable beauté des caves et des souterrains : une lecture croisée d’Aminadab de M. Blanchot et d’Abahn Sabana David de M. Duras | Clément Willer

Une porte, une porte bizarre se trouve à l’orée des deux romans dont je voudrais ébaucher une lecture croisée, Aminadab de Maurice Blanchot, paru chez Gallimard en 1942, à l’époque la plus sombre du triomphe du nazisme et du pétainisme, et Abahn Sabana David de Marguerite Duras, paru chez Gallimard également, mais plus tard, en 1970, dans le sillage des événements ardents de 1968. Cette porte franchie, on pénètre dans des mondes nocturnes, qui peuvent sembler arides à la première lecture, comme ce fut le cas pour moi, mais qui, au fil des relectures, s’illuminent. Cette porte franchie, on se retrouve en fait dans des mondes autres, où il faut accepter de perdre ses repères pour saisir quelques fragments d’utopie qui étaient comme en dormance dans les replis de ce monde-ci. Commençons par relire les premières lignes d’Aminadab. Thomas erre dans les rues d’une ville inconnue, quand il entrevoit soudain à travers les vitres d’un magasin le visage d’une femme, à l’expression déroutante :

Il faisait grand jour. Thomas qui jusque-là avait été seul vit avec plaisir un homme d’aspect robuste, tranquillement occupé à balayer devant sa porte. Le rideau de fer du magasin était à demi levé. Thomas se pencha un peu et aperçut à l’intérieur une femme couchée dans un lit qui tenait toute la place laissée libre par les autres meubles. Le visage de la femme, quoique tourné vers le mur, n’échappait pas à la vue : doux et fiévreux, tourmenté et pourtant déjà gagné par le repos, voilà ce qu’il était. Thomas se redressa. Il n’avait qu’à continuer sa route. Mais l’homme qui balayait l’interpella :

– Entrez, dit-il tandis que son bras se tendait vers la porte et indiquait le chemin à suivre.[1]

Thomas ne tarde pas à entrer, intrigué par ce visage qui résiste à son appréhension : tourné vers le mur et pourtant n’échappant pas à la vue, tourmenté et pourtant gagné par le repos, doux et pourtant fiévreux. On ne saura jamais si ce n’était qu’un mirage. Ce qui est certain, c’est qu’en se mettant en quête de cette apparition, Thomas quitte la réalité qui était la sienne jusqu’alors, dont on n’apprend d’ailleurs presque rien. Dans la version manuscrite du roman qui vient d’être publiée, on trouve une précision intéressante : il est suggéré que, dans cette maison où il entre, Thomas devient « un étranger » et ne « retrouve rien de son ancienne vie[2] ». On peut lire ce désir d’échapper à la trame ordinaire de l’existence comme un désir indirectement exprimé de fuir ce début des années 1940, qui voit le nazisme triompher. Alors que Maurice Blanchot avait jusque-là gravité dans les milieux d’extrême-droite, qu’il avait été proche de l’Action française, l’étrange défaite de 1940 semble avoir été un choc qui ébranla ses certitudes nationalistes et le poussa à rompre avec « son ancienne vie ». Racontant l’histoire qui plus tard le mena à s’engager aux côtés des étudiant·es et ouvrièr·es en Mai 68, Jean-François Hamel et Éric Hoppenot mentionnent sa « longue et sinueuse conversion politique, amorcée après la défaite de 1940[3] », longue et sinueuse conversion qui le conduira à faire sienne une exigence communiste hétérodoxe, internationaliste, anti-autoritaire. Outre la débâcle de 1940, l’expérience quasiment spirituelle que constitue la rédaction de ses deux premiers romans a également joué un certain rôle dans cette conversion de Blanchot, qui confiait avoir « changé sous l’influence de l’écriture (écrivant alors Thomas l’Obscur et Aminadab)[4] ». Cette affirmation relève sans doute d’une sorte de légende, mais elle relève peut-être aussi d’une vérité secrète. Aminadab est précisément le récit d’une perte de soi, de ses repères, de ses convictions. La maison dans laquelle entre Thomas, aux innombrables pièces peuplées d’innombrables personnages, gardiens, locataires, domestiques, est un labyrinthe qui ne cesse de défaire ses assurances. On peut songer notamment à une scène étrange, qui témoigne de ce processus constant de défamiliarisation : dans des circonstances opaques, Thomas est devenu lui-même domestique et se retrouve dès lors dans un appartement bourgeois, un peu perdu, dépoussiérant un meuble de salon « composé de pièces de bois fragiles et finement taillées », dont les lignes se mettent à ressembler pour lui aux « différents chemins d’un labyrinthe qui n’aurait pas d’issue[5] ». C’est comme si la maison elle-même se reflétait dans ce détail : pour l’attention inquiète de Thomas, tout ne cesse pas de se compliquer, de se diffracter, sans qu’on puisse espérer d’issue. Peu à peu, il prend conscience du fait que la « vérité » de la maison est « vaste et indéfinissable[6] », qu’il ne pourra jamais se l’approprier, se la rendre familière. Ainsi accède-t-il à une dimension où règne le bizarre, qu’on pourrait, avec Mark Fisher, définir de la sorte :

Le bizarre est ce qui n’est pas à sa place. Le bizarre apporte au familier quelque chose qui se trouve au-delà de celui-ci et qui ne peut être réconcilié avec le familier (y compris comme sa négation).[7]

Alors que la maison devrait être le lieu par excellence du familier, d’un certain confort bourgeois, elle devient dans Aminadab le lieu du bizarre, d’un dehors qui n’est plus à sa place, qui ne cesse pas de faire irruption dans le dedans. Le bizarre nomme ce qui empêche l’espace de se refermer sur soi, les identités de se figer, le trouble de se dissiper : en un sens, on peut supposer qu’il n’est pas impossible que cette révélation du bizarre ait fait partie des soubresauts intimes qui ont éloigné Maurice Blanchot de ses convictions conservatrices et nationalistes.

*

Peut-être Marguerite Duras avait-elle lu Aminadab dès sa parution, elle qui sous l’occupation nazie, parallèlement à son activité dans la résistance, dirigeait le Comité d’organisation des industries, arts et commerces du livre, décidant de l’attribution ou non du papier pour les livres à paraître. Peut-être l’a-t-elle lu plus tard. Quoi qu’il en soit, il me semble qu’on en trouve des réminiscences dans Abahn Sabana David, paru une trentaine d’années plus tard, en 1970. Ce récit était d’ailleurs dédié à ses amis Robert Antelme et Maurice Blanchot, manière de sceller le souvenir précieux de leur engagement commun tout au long des semaines incandescentes de grève en 1968, au sein du Comité d’action étudiants-écrivains. Les premières lignes font curieusement écho à celles d’Aminadab, tous deux commençant de même avec une maison, une silhouette aperçue à travers une fenêtre, une porte finalement franchie :

La nuit vient. Et le froid.

Ils sont sur le chemin blanc de gel, elle une femme, lui un jeune homme. Arrêtés, ils regardent vers la maison.

La maison est nue, dedans, dehors. À l’intérieur, rien n’est encore allumé. Derrière les vitres, un homme grand et maigre, aux temps grises, regarde dans la direction du chemin.

La nuit augmente. Et le froid.

Ils sont arrêtés devant la maison.

Ils regardent autour d’eux. Le chemin est vide, le ciel est sombre au bout du chemin. Ils paraissent ne rien attendre.

C’est la femme qui la première se dirige vers la porte de la maison. Le jeune homme la suit.[8]

Les deux personnages qui entrent dans la maison, ce sont David et Sabana. La silhouette aperçue à travers la vitre, c’est celle d’Abahn, communiste errant, d’origine juive, qui sème un vent d’insurrection en parlant, quoique parlant peu et sans jamais adopter une position de surplomb, aux ouvrièr·es dans les cafés de Staadt. Il doit être exécuté par David, ouvrier et homme de main de Gringo, chef d’un parti communiste qui a trahi le communisme en se faisant complice de la bourgeoisie marchande, qui se définit surtout par son autoritarisme et son antisémitisme. Mais David et Sabana n’auront pas le courage, ou plutôt la lâcheté, de tuer Abahn. Ils se laisseront gagner par le désespoir, la joie, la rage, la douceur de ce dernier. On peut se souvenir que le visage apparu à Thomas au début d’Aminadab était décrit comme « doux et fiévreux » : c’est la même ambivalence qui définit Abahn, qui fait tout son charme envoûtant. Sabana lui demande :

– Vous venez pour briser l’unité ?

– Oui.

– Pour introduire le désordre dans l’unité ?

– Oui.

– La division, le trouble dans l’unité ?

– Oui. […]

– Pour diviser ? briser ?

– Oui, dit le juif.

– Et remplacer par quoi ?

– Par rien.[9]

Ainsi Abahn est-il là pour briser l’unité, semer le trouble, propager un communisme de l’épars, un communisme qui est à l’image de celui rêvé et éprouvé par la nébuleuse de la rue Saint-Benoît, supposant, pour reprendre une formule de Martin Crowley, « de penser la solidarité à partir d’une déliaison essentielle[10] ». Mais sa détermination révolutionnaire ne l’empêche pas d’être aussi d’une grande douceur. Quand il s’adresse à David et Sabana qui sont pourtant venus pour l’exécuter, il « parle lentement, toujours avec la même douceur[11] ». Une des significations essentielles du livre se trouve là, dans ce paradoxe, comme si la contestation la plus radicale de l’ordre des choses nécessitait une étrange douceur, afin de ne pas reproduire insidieusement les rapports de domination qu’on voudrait désactiver. C’est peut-être à cela qu’on reconnaît les communistes sauvages, qui n’appartiennent plus ou n’ont jamais appartenu à aucun parti, comme Abahn, comme Marguerite Duras elle-même, comme Maurice Blanchot également : à cette douceur étrange dans leur manière de parler. Il existe, comme le suggère Leslie Kaplan, une « douceur absolue » chez Maurice Blanchot, une douceur qui lui permet « de parler de cette chose brutale : le désespoir[12] ». La grande douceur qui circule dans les récits de Marguerite Duras découle pareillement d’une certaine manière d’un désespoir politique. Au café, à rebours de l’assurance dogmatique qu’on attendrait d’un bon militant communiste, Abahn se montre à David dans sa plus grande vulnérabilité, qui est aussi une forme de lucidité, lui confiant : « Je suis désespéré[13] ». Mais si la douceur d’Abahn est sa façon de ne pas masquer son profond désespoir, elle est aussi vectrice d’un espoir fragile. Une phrase du Livre des Proverbes dans la bible hébraïque, phrase à laquelle il n’est pas impossible que songeait Marguerite Duras en écrivant Abahn Sabana David, dit à ce propos : « Une langue douce peut briser des os.[14] » Il ne s’agit pas de briser des os comme le fait la police quand elle fracasse les crânes et les membres des manifestant·es : l’os est seulement une image ici de ce qui résiste, des réalités les plus désespérantes, de ce dont on finit par croire qu’on ne viendra pas à bout. Un des enjeux de la pratique révolutionnaire, du point de vue du communisme sauvage dont rêve Abahn, c’est d’inventer une langue d’une douceur telle qu’elle en devienne corrosive, qu’elle amène à rompre avec les automatismes de pensée et d’action assurant la perpétuelle reproduction des dominations, la perpétuelle reconduction du monde comme il est. Au fond, cette manière de parler empreinte d’une étrange douceur qui est celle d’Abahn démontre, par une économie d’élaborations discursives, que d’autres manières de communiquer, de parler, de lutter, de s’aimer sont possibles ici et maintenant, sans qu’il soit besoin d’attendre une très improbable rédemption historique.

*

Revenons à Aminadab. Bien avant que Maurice Blanchot ne se rallie au communisme hérétique du groupe de la rue Saint-Benoît, Aminadab témoignait déjà à sa manière d’un anti-capitalisme romantique. Peu avant la fin, le récit est fait à Thomas, par un personnage nommé Dom, d’une vie nouvelle qui serait possible dans les souterrains de la maison. Alors que Thomas ne cherchait confusément qu’à s’élever à travers les étages, il aurait manqué la vraie voie, celle qui l’aurait mené aux profondeurs gardées, selon la rumeur, par Aminadab. En fait, rien n’aurait été plus simple que de suivre cette voie :

– […] La vraie voie était toute tracée, elle était en pente douce et ne demandait ni effort ni consultation. De plus, elle vous conduisait vers une région où vous auriez mené une existence qui en aurait valu la peine. Là, vraiment, vous étiez chez vous.

– Et où était-ce donc ? demanda Thomas les yeux à demi-fermés.

– Du côté des sous-sols, dit le jeune homme d’une voix onctueuse. Je ne puis vous en parler aussi longuement qu’il le faudrait et ce n’est pas par des paroles qu’on peut faire comprendre l’inextricable beauté des caves et des souterrains.[15]

Comme dans Abahn Sabana David, ce fragment d’utopie est placé sous le signe d’une douceur troublante. C’est une « pente douce » qui mène à ces souterrains, eux-mêmes baignant, comme c’est dit un peu plus loin sur la même page, dans « une douce obscurité ». Cela ne signale pas cependant qu’on entre, derrière la porte gardée par Aminadab, dans un rêve : c’est au contraire comme « la fin d’un mauvais rêve ». Dans ce lieu souterrain et secret, les rouages de l’utilitarisme et du productivisme qui dominent la modernité capitaliste sont à l’arrêt. On a délaissé « ce fouillis d’objets et d’ustensiles qui constituent un des tourments de la vie », on ne fait rien d’autre que contempler rêveusement ce qui se trouve autour de soi. On a délaissé également toute volonté de se rendre maître et possesseur de la nature : « votre vue a changé », raconte Dom, et vos regards « font penser à de fines plantes cristallisées », ces « arborescences » étant « un signe de la forme élevée d’union qu’il y a entre vous et le milieu où se façonne votre vie ». Ce récit est fascinant, mais il a aussi quelque chose d’inquiétant, quand on se rend compte que, dans ce monde nouveau, on est irrémédiablement seul, comme on le serait au lendemain d’une catastrophe nucléaire : « Vous êtes parvenu à échapper à l’inévitable, seul parmi des centaines de milliers », poursuit Dom, sur un ton prophétique provoquant un sentiment d’exaltation mêlée d’effroi. Peut-être est-ce pour cette raison que Thomas repousse finalement la proposition qui lui est faite de se laisser entraîner vers les souterrains. Il délaisse cette possibilité rédemptrice et choisit de poursuivre sa recherche, bien qu’on pressente avec lui qu’elle soit vouée à l’échec, sa recherche de celle qui lui était apparue, d’un message qui lui serait destiné.

*

Comme dans Aminadab, on apprend au fil d’Abahn Sabana David que les semences d’un autre monde se trouveraient dans les souterrains, dans les caves de Staadt. Comme dans Aminadab également, cette sorte d’utopie a une dimension essentiellement végétale : elle est décrite à plusieurs reprises, de manière laconique, comme une forêt, une « forêt sauvage[16] », une « forêt communicante[17] ». Mais elle n’implique pas vraiment, comme c’était le cas dans Aminadab, cette « forme élevée d’union » avec le terrestre : l’utopie dont il est question dans Abahn Sabana David est une forme d’unité brisée, une communauté où se serait introduit le trouble du multiple, de la différence, de l’irréconciliable. Cette utopie prend le nom de communisme. Mais c’est un communisme qui n’a rien à voir avec les régimes autoritaires qui ont usurpé ce nom : c’est un communisme mêlé d’un « esprit d’anarchie et d’insoumission[18] », un communisme « qu’il faudrait essayer de ne pas construire[19] ». Il est lointain, en même temps qu’il est juste là, à notre portée. La forêt inconnue qui en est l’allégorie est présente dans la tête des personnages, comme une promesse qui pourrait devenir réalité à tout moment :

– La forêt est dans la tête de David aussi, dit le juif. […]

– Dans la tête de David, répète Sabana.

Ils se taisent.

– Tu es dans la forêt, dit le juif, tu es dans la tête de David. […]

– Les juifs aussi sont dans la forêt, dit Abahn. […]

– Ils le savent. Tandis que David.[20]

David passe une grande partie de la nuit que dure le récit à dormir, car il lui faudra retourner travailler sur les chantiers le lendemain. Il ne fait que travailler, et dormir, pour mieux retourner travailler. Il ne sait pas qu’il est déjà dans la forêt : il lui suffirait cependant d’en prendre conscience pour s’éveiller à la vraie vie, qui n’est pas ailleurs, qui est possible ici même. Ce qu’il faudrait, c’est parvenir à se glisser dans les souterrains du temps. Si l’on situe cette temporalité utopique à l’intérieur du temps, au cœur du temps, si on ne la situe pas dans une éternité non-historique, qui échapperait à la finitude, alors elle n’est pas purement utopique, elle n’est pas tout à fait sans lieu. On pourrait parler en ce sens, comme le fait Mark Fisher, d’un réalisme communiste :

Il ne s’agit pas d’attendre l’évènement décisif, de miser tous les espoirs sur une transformation soudaine et définitive. [Le réalisme communiste] n’est pas un utopisme, qui abandonne tout ce qui est “réaliste” à l’ennemi. […] Il s’agit d’aller, peut-être lentement, mais certainement de façon résolue, de là où nous sommes jusqu’à un endroit très différent.[21]

Cet endroit très différent, qui en même temps se trouve juste là, dans les replis de l’ici et du maintenant, les souterrains d’Aminadab et les caves d’Abahn Sabana David d’une « inextricable beauté » en sont comme des miroitements allégoriques. Le fait que ce lieu soit lointain en même temps qu’il est juste là implique une façon de cheminer vers lui elle-même inextricable et paradoxale, fonctionnant sur le mode du suspens plutôt que de la progression. Il ne faut pas seulement faire, agir, avancer : il faut aussi consentir à une pulsion révolutionnaire négative, cesser de faire, seulement parler, errer, dans les pas de Thomas, dans ceux d’Abahn. « Regardez bien, laissez tout, vous bâtissez sur le pourri[22] », suggère Marguerite Duras à travers Abahn. Une lettre lumineuse que lui avait adressée Maurice Blanchot en 1968 situait cette négativité au cœur de l’exigence communiste : « L’exigence communiste : est-ce que nous sommes prêts ou non à y répondre, avec nos forces, avec notre absence de force ?[23] » Alors que l’expression « nos forces » au pluriel renvoie à une rage et à une énergie vitales, l’évocation de « la force » au singulier renvoie à un attribut du pouvoir, force de coercition, force de police, par essence autoritaire et brutale. Sans doute n’est-il pas de meilleure manière de définir la douceur révolutionnaire : une « absence de force ». Cette absence de force suppose un processus de désactivation de la force, ici, maintenant, dans nos paroles et dans nos gestes, processus nécessaire si l’on veut que le communisme soit autre chose qu’une chimère remise à plus tard.

  1. Maurice Blanchot, Aminadab, Paris, Gallimard, « Blanche », 1942, p. 7.
  2. Maurice Blanchot, Aminadab : version manuscrite, édition de Leslie Hill et Philippe Lynes, Paris, Kimé, 2024, p. 14.
  3. Jean-François Hamel et Éric Hoppenot, « Un communisme d’écriture », in Maurice Blanchot, Mai 68, révolution par l’idée, édition de Jean-François Hamel et Éric Hoppenot, Paris, Gallimard, « Folio », 2018, p. 14.
  4. Cette déclaration de Maurice Blanchot à Maurice Nadeau dans La Quinzaine littéraire en juin 1998 est citée par Leslie Hill et Philippe Lynes in Aminadab : version manuscrite, op. cit., p. 326.
  5. Maurice Blanchot, Aminadab, Paris, Gallimard, « Blanche », 1942, p. 183.
  6. Ibid., p. 155. Ce sont les mots utilisés par un personnage nommé Jérôme.
  7. Mark Fisher, Par-delà étrange et familier, traduit de l’anglais britannique par Julien Guazzini, Marseille-Paris-Genève, Sans soleil, « Hz », 2024, p. 22.
  8. Marguerite Duras, Abahn Sabana David (1970), in Œuvres complètes, II, édition de Gilles Philippe, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2011, p. 1175.
  9. Ibid., p. 1192. Ce passage est repris p. 1125-1226.
  10. Martin Crowley, « Pas de ça ici », in Bernard Alazet, Christiane Blot-Labarrère et André Labarrère (dir.), Marguerite Duras, Paris, Cahiers de l’Herne, 2007, p. 30.
  11. Marguerite Duras, Abahn Sabana David (1970), in Œuvres complètes, II, op. cit., p. 1196. Le mot douceur revient à de nombreuses reprises.
  12. Leslie Kaplan, « Une éthique de l’écriture », in Europe, n°940-941 consacré à Maurice Blanchot, août-septembre 2007, p. 180.
  13. Marguerite Duras, Abahn Sabana David (1970), in Œuvres complètes, II, op. cit., p. 1197 et 1204.
  14. Voir dans Le Livre des Proverbes, chap. XXV, verset 15. Je cite ici la traduction de l’hébreu de Louis Segond.
  15. Le récit fait par Dom qui inclut ce passage de même que les citations qui suivent se trouve dans Aminadab, op. cit., p. 212-217.
  16. Marguerite Duras, Abahn Sabana David (1970), in Œuvres complètes, II, op. cit., p. 1225.
  17. Ibid., p. 1208.
  18. Ibid., p. 1246.
  19. Ibid., p. 1225.
  20. Ibid., p. 1207-1208.
  21. Mark Fisher, « Réalisme communiste » (2015), in k-punk. Fiction, musique et politique dans le capitalisme tardif, traduit de l’anglais britannique par Julien Guazzini, Paris, Audimat, 2025, p. 652.
  22. Marguerite Duras, Abahn Sabana David (1970), in Œuvres complètes, II, op. cit., p. 1237.
  23. Maurice Blanchot, « Lettre à Marguerite Duras du 13 octobre 1968 », in Mai 68, révolution par l’idée, op. cit., p. 36-37.

Clément Willer est né en 1993. Il détient un doctorat en études littéraires de l’Université du Québec à Montréal et de l’Université de Strasbourg. Un essai adapté de sa thèse est paru chez Abrüpt en 2025 : Quelque chose de rouge dans la nuit : le communisme sauvage de Marguerite Duras. Certains de ses textes ont également été publiés dans les revues Spirale à Montréal, Novo à Mulhouse, Aventures à Paris.

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