
Sur la parole analytique. Maurice Blanchot
Collectif, préface de Colette Soler
Éditions Nouvelles du Champ lacanien, hors collection, 20 €
ISBN 978-2-491126-44-5
En 1956, l’année du centenaire de Freud, Blanchot publie sur la psychanalyse des pages qu’il reprendra en 1969 dans L’Entretien infini sous le titre « La Parole analytique ». Il y décrit la situation inventée par Freud, où quelqu’un parle devant celui qui semble le plus absent des auditeurs, « un vide silencieux qui pourtant est la vraie raison de parler ». Il s’étonne aussi du scandale que faisait alors, chez certains analystes, la place donnée par Lacan au langage.
Le Pôle Ouest de l’École de psychanalyse des Forums du Champ lacanien a consacré une journée à ce texte, à Rennes, le 10 février 2024. On y a aussi entendu deux créations à partir du Très-Haut, l’une de l’acteur Julien Derivaz, l’autre de la contrebassiste et chanteuse Élise Dabrowski. Le livre est né de cette journée, et d’autres textes l’ont rejoint.
Dans sa préface, « Parler dans une psychanalyse », Colette Soler sait gré à Blanchot de n’avoir pas manqué « l’avènement Lacan », puis lui répond depuis la cure. Une psychanalyse, rappelle-t-elle, n’est ni infinie ni un entretien. L’association libre dispense celui qui parle du souci de bien dire qui pèse sur toute conversation, mais elle ne va pas sans un partenaire très particulier, l’analyste, dont le silence est une présence active, celle de ce qui manque. Plutôt que « l’incessant et l’interminable » dont parle Blanchot, une cure produit des effets finis, et même trop finis : « fini trop », avait écrit Lacan dans la dédicace du Séminaire XI qu’il lui adressa. À la fin de la préface, la parole, que Lacan avait d’abord pensée comme ce qui humanise, se révèle l’instrument de toutes les fractures, et toute la question devient de savoir comment maintenir des liens sociaux.
Alexandre Faure introduit le volume. Vient ensuite « Fais en sorte que je puisse te parler », de Parham Shahrjerdi ; les contributions suivantes vont de l’essai aux récits, Thomas l’Obscur en particulier. L’étude que Michel Bousseyroux avait consacrée au Très-Haut et à L’Arrêt de mort, publiée en entier à la fin du livre, fut à l’origine de sa correspondance avec Blanchot ; la lettre que celui-ci lui adressa le 12 février 1993 est reproduite en fac-similé, avec son enveloppe.
Table
Liminaire
Préface. Parler dans une psychanalyse, Colette Soler
Introduction. S’acheminer vers La Parole analytique, Alexandre Faure
La possibilité de parler
Fais en sorte que je puisse te parler, Parham Shahrjerdi
L’objet et la parole analytique
Ce que de Maurice Blanchot j’ai appris, Michel Bousseyroux
D’une scène à l’autre, l’objet a en jeu, Claudine Hunault
« J’ai été obscur dans autrui »
Marcher avec Maurice Blanchot, Christine de Camy
L’entretien nu, Marie-José Latour
Miroirs obscurs
Répondre de l’Obscur, Dominique Touchon-Fingermann
Thomas, l’Obscur, David Bernard
In extenso
Le Très-Haut et L’Arrêt de mort : recto-verso du pire chez Blanchot, Michel Bousseyroux
Présentation des auteurs
Index des noms propres
Le livre est disponible sur le site de l’éditeur : https://