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Heiner
GOEBBELS, I went to this house but did not enter
Théâtre de la Ville de
Paris dans le cadre du Festival d'Automne
Du 23 au 27 septemebre
2009
Anglais sous-titré
Le spectacle de Heiner
Goebbels possède un avantage certain : celui de faire sortir des textes jugés
difficiles des cénacles où ils sont habituellement confinés (articles abscons,
cadre universitaire).
Le "concert scénique" est
composé de trois tableaux, relativement indépendants. Chaque tableau possède son
propre décor. Le premier tableau "tourne" autour du très beau texte de Thomas
Stearns Eliot, La Chanson d'amour de J. Alfred Prufrock qu'il est bon
d'entendre déclamé sur scène. Le second tableau est constitué d'une traduction
anglaise par Goebbels lui-même de La folie du jour ainsi que de l'Excursion
à la montagne de Kafka. L'assemblage de ces deux auteurs semble évident pour
les connaisseurs, mais est encore plus roborative l'assemblage des deux textes.
Le troisième et dernier tableau provient de Cap au pire de Samuel
Beckett, dans sa version anglaise également.
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Il y aurait beaucoup à
dire sur le spectacle, qui est riche en inventions et profus en silences, et
cela mériterait de plus amples explorations. On peut néanmoins souligner
quelques traits décisifs, qui amendent sérieusement les textes nus.
1. la musique et le
chant, magnifiquement interprétés par le Hilliard Ensemble, lequel conditionne
la langue anglaise par sa langue, son accent typiquement britannique, répond
aisément et fidèlement au texte.
2. la qualité des décors
(Klaus Grünberg, Florence van Gerkan, Willi Bopp) favorise l’invention des
acteurs et permet surtout de perdre le texte, si perdre peut être une
valeur, en tout cas une identité pour ces voix perdantes, pour ces mots perdus.
Les inventions spatiales s'accordent parfaitement avec le fond des textes. On se
rappellera que le titre est I went to the house but did not enter

3. l'usage du texte. Il
ne viendrait à l'idée de personne de récuser le choix du groupement de ces
textes. Eliot, Blanchot, Kafka, Beckett. Dans la foulée, les quatre auteurs se
succèdent, et là où on pouvait craindre une formalisation artificielle, à la
manière dont les quatre voix des musiciens en forment une cinquième, les autres
auteurs en forment un cinquième, un auteur secret, extérieur, noir.
4. les acteurs. Les
acteurs ne sont pas des acteurs. Ce sont des musiciens, à qui l'on a demandé de
chanter leur partition tout en interprétant les musiques de Goebbels sur des
textes qu'ils ont dû apprendre par cœur.
Il y aurait d'autres
choses à dire, là n'est pas le lieu, et nous n'avons guère le temps, mais nous
pouvons reconnaître la qualité du travail de Heiner Goebbels, avec des textes
difficiles, et nous encourageons toutes les personnes que l'écriture de Blanchot
touche de se rendre, dès qu'ils le peuvent, à ce spectacle rare et exigeant.
www.theatredelaville-paris.com/spectacle-i-went-to-the-house-heiner-goebbels-144
www.heinergoebbels.com
www.hilliardensemble.demon.co.uk
www.klausgruenberg.de
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